Poète noir
Poète noir, un sein de pucelle te hante,
Poète aigri,
La vie bout et la ville brûle
Et le ciel se résorbe en pluie;
Ta plume gratte au cour de la vie.
Forêt, forêt, des yeux fourmillent
Sur les pignons multipliés;
Cheveux d’orage, les poètes
Enfourchent des chevaux, des chiens.
Les yeux ragent, les langues tournent
Le ciel afflue dans les narines
Comme un lait nourricier et bleu,
Je suis suspendu à vos bouches
Femmes, cours de vinaigre durs.
***
Poeta Negro
Poeta negro, un seno de doncella
te obsesiona
poeta amargo, la vida bulle
y la ciudad arde,
y el cielo se resuelve en lluvia,
y tu pluma araña el corazón de la vida.
Selva, selva, hormiguean ojos
en los pináculos multiplicados;
cabellera de tormenta, los poetas
montan sobre caballos, perros.
Los ojos se enfurecen, las lenguas giran
el cielo afluye las narices
como azul leche nutricia;
estoy pendiente de vuestras bocas
mujeres, duros corazones de vinagre.
* Antonin Artaud